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1 avr. 2009

La polémique continue : "Our body, à corps ouvert" devant le tribunal de grande instance de Paris

Les associations, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Solidarité Chine ont assigné l'organisateur de l'exposition "Our body, à corps ouvert" devant le tribunal de grande instance de Paris (cf. Synthèse de presse du 30/03/09) au motif que les cadavres pourraient être des prisonniers ou des condamnés à mort chinois. Ils estiment par ailleurs qu'une telle exposition va à l'encontre de l'article 16 du code civil qui "interdit toute atteinte à la dignité de la personne". Pour l'avocat des plaignants, Me Richard Sédillot, "l'exposition enfreint aussi le code de santé publique, qui précise que les corps et organes ne peuvent être utilisés qu'à des fins scientifique ou thérapeutique. Or dans le cas présent, ils sont détournés à des fins commerciales, puisque l'entrée du lieu est payante. Or cette visée-là n'est pas compatible avec le respect de la dignité humaine".

L'avocat de la partie adverse riposte que l'entrée n'a pas pour but d'enrichir quelqu'un mais n'est là que pour payer le loyer. Par ailleurs, il affirme qu'"il y a un intérêt pédagogique , et donc scientifique, à montrer l'anatomie humaine de manière aussi charnelle et aussi réaliste".

De son côté, le Comité nationale consultatif d'éthique (CCNE) a rendu l'année dernière un avis condamnant catégoriquement la tenue de cette exposition. Il estime que "le non-dit majeur" de l'exposition (était) "la prime au voyeurisme sous couvert de science". Il ajoutait que l'exposition introduisait "un regard techniciste" sur des corps "volontairement désingularisés" suivant "une approche qui n'est pas sans rappeler le traitement des cadavres dans les camps d'extermination lors de la dernière guerre".

26 mars 2009

L'exposition «Our Body, A corps ouvert» attaquée en justice

Le 20 minutes :
CULTURE - La polémique n'est toujours pas éteinte...
Deux associations, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Solidarité Chine, ont annoncé ce mercredi avoir assigné les organisateurs de l’exposition «Our Body, A corps ouvert», présentée à l’espace 12 Madeleine, à Paris, depuis le 12 février. Une requête en référé a été déposée «en fin de semaine dernière», selon les organisations, devant le tribunal de grande instance à Paris. L’exposition, qui présente de vrais corps humains d'origine asiatique, est attaquée pour la première fois en justice. Elle a pour la première fois été présentée en France en mai 2008, à Lyon, puis à Marseille.
L’audience en référé se tiendra mercredi 1er avril. «Nous demandons à ce que les organisateurs prouvent l’origine de ces corps et montrent que les personnes ont accepté de donner leur corps à la science», a précisé Cécile Thimoreau, directrice de l’ECPM. Selon celle-ci, «ce seraient des corps de Chinois condamnés à mort». A l’ouverture de l’exposition, Pascal Bernardin, l'organisateur de l'expo, avait déclaré à 20 Minutes: «Les écorchés existent depuis le XVIIIe siècle et l'Etat en a même dans ses collections.»Avec cette requête, les deux associations espèrent faire interdire l’exposition polémique. Ce qui a déjà été le cas, selon elles, dans au moins deux Etats américains et en Allemagne.
Carole Bianchi