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13 mai 2009

Mères porteuses : plaidoyer pour la défense des plus vulnérables

Dans la perspective de la révision des lois de bioéthique en juin, 82 personnalités du monde de la science ou de la culture lancent un manifeste contre la tentation de recourir à la «gestation pour autrui» et ses conséquences.

Prendre en compte la souffrance des couples infertiles ne peut justifier de transgresser des principes qui fondent notre vie collective et notamment le devoir de protection des plus vulnérables. La gestation pour autrui ouvre la voie à des pratiques hautement contestables : l'exploitation des femmes, la promotion du «tout génétique», la programmation d'enfants conçus pour être abandonnés par la femme qui les a portés.

Que la pratique soit légale ou non, la mère porteuse est dans la quasi-totalité des cas d'un milieu socio-économique et culturel défavorisé par rapport à celui du couple demandeur. Ce simple constat devrait nous arrêter, or ce n'est pas le cas. Les mères porteuses seraient sélectionnées en fonction de leur capacité à consacrer, par altruisme, neuf mois (plutôt douze) de leur existence à porter l'enfant d'un couple en s'interdisant de se fantasmer comme mère, ce qui s'apparente à un déni de maternité, tout en gardant la possibilité de se rétracter après la naissance. Pour soulager notre conscience ? Quel professionnel peut s'autoriser à déclarer telle femme «bonne pour le service» ? La loi doit-elle permettre des conventions permettant à une femme de consentir à sa propre aliénation organique et à s'exposer à des risques corporels (ceux communs à toute grossesse) et psychiques ?

Les conséquences sur son couple et sur ses propres enfants qui verraient leur mère donner le bébé qu'elle porte ne sont pas envisagées… pas plus que la place de l'enfant «porté» si elle se rétractait. Faut-il encourager des femmes consentantes, imaginant le plus souvent réparer une blessure ancienne plus ou moins enfouie, à embarquer leur famille dans cette aventure ? On ne peut concevoir que ces femmes ne soient pas rémunérées - on appellerait ça une indemnisation - ce qui revient à leur demander de se vendre pour produire une marchandise : l'enfant.

Le couple demandeur verrait se réaliser son souhait d'élever un enfant « de ses gènes ». Démarche bien différente de l'adoption qui valorise la parentalité d'intention, du don de sperme, d'ovule ou d'embryon, anonyme et gratuit, qui relativise l'apport du génétique. Il ne peut être comparé au don d'organe sauf à considérer l'enfant comme un «organe». Cette définition de l'individu par ses seuls gènes, évoquant le « pedigree » dont on sait les usages abusifs qui peuvent en découler va à l'encontre des valeurs de mixité et d'ouverture à l'autre.

L'enfant tant désiré est le grand oublié : qu'est-ce qu'être un fœtus porté par une femme instrumentalisée ? Nous connaissons l'importance des échanges entre la mère et le fœtus sur son développement physique, psychique et affectif. Nous connaissons les effets délétères des séparations précoces sur la vie entière. Les médecins doivent-ils se prêter à la conception d'enfants programmés pour être donnés par la femme qui les porte ?

Une loi peut limiter les dérives mercantiles des intermédiaires voire le tourisme procréatif. Il n'empêche qu'aussi restrictive soit-elle, elle légitimerait, avec la participation du médecin et du juge, des pratiques que nous condamnons parce qu'elles remettent en cause la protection qu'on doit aux plus vulnérables.

Lu sur le Figaro.fr

6 mai 2009

Le Conseil d'Etat contre la légalisation des mères porteuses mais...

France Info : L’instance [le Conseil d'Etat], au nom de "l’intérêt de l’enfant et de la mère" recommande de "ne pas légaliser la gestation pour autrui".

...Par ailleurs, l’instance se prononce également en faveur d’un régime permanent d’autorisation des recherches sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires, assorti de conditions strictes.

1 juil. 2008

Une pétition contre la gestation pour autrui

"Après la présentation, mercredi, du rapport du Sénat sur la "gestation pour autrui", favorable à une légalisation de cette pratique (cf. Synthèse de presse du 26/06/08) et les déclarations de Nadine Morano (voir photo), secrétaire d'état à la Famille (cf. Synthèse de presse du 27/06/08), Christine Boutin a réagi. Elle a annoncé le lancement d'une pétition "afin d'alerter l'opinion sur les conséquences d'une légalisation des mères porteuses".
Vendredi, Nadine Morano déclarait que la gestation pour autrui était "un acte d'amour". "Je le ferais pour ma fille, si elle avait une malformation", avait-elle affirmé. Christine Boutin s'est dit "stupéfaite" de tels propos. "Je ne peux imaginer que Mme Morano n'ait pas envisagé les conséquences familiales, psychologiques et éthiques de son acceptation du principe de pouvoir être la mère de ses propres petits-enfants".Au sein de l'UMP, d'autres membres ont pris leur distance avec Nadine Morano. Olivier Jardé, député du nouveau centre s'est dit "réticent" sur la proposition du groupe de travail du Sénat. Jean-Marc Nesme, député UMP de Saône et Loire s'est inquiété des "déclarations intempestives" de Nadine Morano et a appelé le premier ministre à donner la position du gouvernement.
Les avis du Comité consultatif national d'éthique, de l'Académie de médecine et du Conseil d'Etat sont encore attendus."
Lu sur Gène Ethique