
Organisateur :
Aumônerie Sorbonne Saint-Jacques (Le Cep Sorbonne + CGE Paris Centre)
Date : mercredi 29 avril 2009
Heure : 19:30 - 21:00
Lieu : Ecole des Mines de Paris (Mines Paristech) - L 108
60 Boulevard Saint Michel
Téléphone :
0660395064

Rappelons qu'en octobre dernier, des chercheurs de l'université de Stanford ont annoncé avoir mis au point un nouveau test précoce de dépistage de la trisomie 21 à partir d'une simple prise de sang : il se fonde sur l'analyse de l'ADN du fœtus circulant dans le sang de la mère. L'"avantage" de cette technique est d'éviter l'amniocentèse, qui entraîne une fausse-couche dans 1% des cas, y compris pour les fœtus "normaux", et c'est ce qui émeut... "En ce qui concerne les fœtus porteurs de trisomie, toute inquiétude de ce genre a en effet déjà été étouffée", souligne Danielle Moyse, "si l'on réalise une amniocentèse dans le but de détecter cette anomalie, qui ouvre "droit" à une "interruption médicale de grossesse", il va de soi que, au cas où une fausse couche se produirait qui expulserait un fœtus "mongolien", comme on dit encore, une telle réaction de l'organisme maternel ne ferait qu'anticiper le geste fœticide qui se serait très probablement produit !".
En résumé, comprenez que ce nouveau test permettra de "sauver des fœtus "normaux"" ; "pour "les autres", la légitimité de leur élimination est une affaire admise par la politique de dépistage généralisée". Il serait en effet illogique de dépister de façon massive la trisomie 21 sans que cela ne conduise à l'élimination anténatale des fœtus concernés, "en un contexte où aucune recherche publique n'est menée pour tenter de soigner cette anomalie".
Danielle Moyse dénonce ensuite ce "progrès" du dépistage prénatal dans la mesure où, réalisé dans les premières semaines de grossesse, il permettrait la suppression du fœtus atteint de trisomie 21 "à un stade si précoce que cela épargnerait à la mère la violence d'un avortement, réalisé jusque là à un moment de la gestation où elle a, comme on dit, "investi" le futur enfant de telle manière qu'il lui faut en faire le deuil dans les larmes et la douleur".
"Par l'invention de tests réalisés en tout début de grossesse, ne serions-nous pas (ne sommes-nous pas, déjà ?) à la veille d'une sélection qui, par son caractère presque indolore, ferait taire les dernières inquiétudes à son sujet ?", remarque l'auteur qui se demande pourquoi une telle pratique ne s'étendrait pas à d'autres maladies. Comment donc "éviter la sournoise mise en place d'une gestion de plus en plus normative des naissances" ? "Le droit de sélectionner, brandi au nom de la liberté, ne sera-t-il pas alors l'aliénation suprême (...) ?"
Lu sur Gènéthique.fr

"D'un côté, si une mère ne se sent pas capable d'élever un enfant handicapé, on ne peut quand même pas la forcer à mener sa grossesse à terme" mais, "de l'autre, les enfants trisomiques ont le droit de vivre. Jeter un fœtus aux poubelles juste parce qu'il est différent de la norme soulève le spectre de l'eugénisme". L'auteur s'inquiète de l'éventuelle boîte de Pandore qu'ouvrirait cette pratique ; par la suite éliminera-t-on les enfants aveugles, sourds, ceux qui ont une jambe plus courte que l'autre ? Et de citer l'exemple de cette femme qui a demandé d'avorter parce que l'échographie avait révélé que son enfant avait un bec de lièvre et à qui une interruption de grossesse lui a été refusée une première fois. "Frustrée, la bonne femme est allée voir un autre médecin, et elle l'a eu, son avortement. On dirait un consommateur qui a échangé un sofa parce qu'il a découvert une tache sur un coussin."
"Il fut un temps pas très lointain où les Noirs étaient considérés comme des sous-humains. Aurait-on permis à une femme enceinte de se débarrasser de son fœtus juste parce qu'il avait le malheur de ne pas être Blanc ?", lance l'auteur.
"Actuellement, au Canada, les fœtus humains n'ont aucun droit. Les hamsters et les serpents ont plus de droits qu'eux !", dénonce-t-il. "Plus tard, je suis sûr, on va se pencher sur les mœurs de notre époque et on va dire que notre conception du fœtus était barbare. Et inhumaine."
Un autre organe de presse canadien s'inquiète de ce que le génétique ouvre aujourd'hui la porte à une sélection par l'Homme de sa descendance. Ainsi, aux Etats-Unis, certaines cliniques proposent déjà des profils génétiques de donneurs potentiels de sperme et d'ovocytes. Au Texas, une "banque de l'embryon" proposait même - avant d'être contrainte à fermer - de croiser du sperme et un ovocyte de donneurs sélectionnés sur des critères génétique et d'implanter l'embryon issu de ce croisement.
Par ailleurs, le diagnostic préimplantatoire (DPI) pourrait permettre à n'importe quel parent de recourir à une fécondation in vitro (FIV) pour sélectionner leur progéniture selon les critères désirés. Pour Peter Ward (Université de Washington), certains parents pourraient même un jour faire "pression pour changer des gènes" afin de transmettre à leur enfant "beauté, intelligence, (...) don pour la musique ou (...) bon caractère"...
Lu sur gènéthique.org
Le site Gènéthique rapporte la naissance en Angleterre du premier enfant sélectionné suite à un dépistage prénatal pour éviter la transmission du gène porteur du cancer du sein: "L'embryon a été sélectionné parmi d'autres parce qu'il était indemne du gène BRCA1. Les autres embryons porteurs de ce gène de prédisposition seront détruits. Les femmes porteuses de ce gène ont 80% "de chances" de développer un cancer du sein.
Pierre Simon, président de la Grande Loge de France et co-fondateur du Planning familial français, prônant la culture de mort, est décédé. Rappel de ses idées.