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4 juin 2009

Madrid : Une majorité d'Espagnols est opposée à l'avortement libre pour les mineures

Une majorité d'Espagnols est opposée au droit à l'avortement sans consentement parental dès l'âge de 16 ans tel que voulu par le gouvernement, selon trois sondages publiés lundi.

Selon un sondage réalisé pour le journal El Pais auprès de 1.000 personnes par Metroscopia les 27 et 28 mai, 64% des Espagnols y sont apposés. Ils sont 56% parmi les votants socialistes.

Selon un autre sondage effectué auprès de 1.040 personnes du 25 au 28 mai réalisé par l'institut DYM et publié dans ABC, 57% des Espagnols sont soit totalement ou relativement en désaccord avec ce projet.

Selon un troisième sondage réalisé auprès de 1.000 personnes par Noxa entre les 25 et 28 mai et publié dans le journal catalan La Vanguardia, 71% des sondés sont plutôt en désaccord avec ce projet.

L'avortement sans consentement parental entre 16 et 18 ans est une des dispositions les plus controversées du projet du gouvernement socialiste de réforme de la loi sur l'avortement.

Le chef du gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero est récemment monté au créneau pour la défendre en affirmant qu'il ne fallait pas "intervenir dans la décision libre et intime d'une femme".

"Nous parlerons de tout cela" lors du parcours parlementaire du projet de loi, a commenté lundi la ministre de la Défense Carme Chacon sur la radio Cadena Ser. "Le but est d'éviter que des parents obligent leur fille de 17 ans, de 16 ans à rester enceinte alors qu'elle ne le souhaite pas (...), et malheureusement cela arrive. Mais dans tous les cas, ce sera bon d'en débattre", a ajouté la ministre.

Le gouvernement espagnol souhaite libéraliser totalement l'avortement jusqu'à la 14e semaine de grossesse, à la colère des milieux conservateurs et catholiques. Le Parti Populaire (PP, droite), a annoncé vendredi son intention de présenter un recours devant le Tribunal constitutionnel.

L'avant-projet de loi doit être étudié par les hautes instances judiciaires avant d'être formellement approuvé par le gouvernement et envoyé au Parlement.

Actuellement, l'avortement n'est autorisé en Espagne qu'en cas de viol dans un délai maximum de 12 semaines de grossesse, de malformations du foetus (22 semaines) ou en cas de "danger pour la santé physique ou psychique de la mère" (sans limitation de temps).

L'écrasante majorité des interruptions volontaires de grossesse sont pratiquées pour "risque psychologique" pour la mère, ce qui peut paradoxalement donner lieu à des avortements très tardifs, à plus de six mois de grossesse.

Selon le sondage publié dans ABC, 61% des Espagnols pensent que cette réforme est au moins un peu souhaitée par la population. Selon le sondage de La Vanguardia 47% sont plutôt d'accord avec la réforme et 46% un peu en désaccord.

Lu sur La Croix

27 mars 2009

Des questions autour des greffes d'organes et de tissus

Dans son ABC de la bioéthique, le journal La Croix aborde aujourd'hui la question des greffes d'organes et de tissus. Pour la plupart des acteurs du dossier, la loi actuelle paraît satisfaisante. Pourtant, trois questions devraient être débattues : la nature du consentement (présumé ou explicite) du donneur d'organes, le développement des prélèvements sur cœur arrêté et les dons effectués par les personnes vivantes.
Les lois de bioéthique de 1994 et de 2004 réaffirment le principe de l'inviolabilité et la non patrimonialité du corps humain. Elle garantit aussi la gratuité et l'anonymat du don. Cet anonymat ne concerne pas les dons d'organes faits par des personnes vivantes. Ce type de don est aujourd'hui très encadré.
Les parlementaires devraient débattre de l'opportunité de remplacer le consentement présumé par un consentement explicite. Aujourd'hui, il existe un registre national du refus sur lequel peut s'inscrire toute personne qui ne souhaite pas que l'on prélève ses organes à son décès. Les personnes qui n'y figurent pas sont présumées consentantes au don. Dans la pratique les médecins demandent toujours à la famille quelle était la position du défunt et leur demande aussi leur avis. La plupart du temps, la famille s'oppose au prélèvement. A partir de ce constat, certains estiment que la France devrait adopter un régime de consentement explicite avec la mise en place d'un registre du "oui".
Autre question à débattre : celles des prélèvements sur cœur arrêté, c'est à dire sur des personnes décédées d'un arrêt cardiaque. Cette technique est autorisée en France depuis 2005 pour augmenter le nombre de greffons. Elle reste toutefois délicate à mettre en place. En effet, dans ce cas, il ne doit pas s'écouler plus de deux ou trois heures entre le constat du décès et le prélèvement. Par ailleurs, grâce à la technique de "ressuscitation", il est parfois possible de faire revenir des patients à la vie après un arrêt cardiaque prolongé. En agissant vite, on peut être amené à se demander si l'on ne prélève pas des organes sur un patient qu'il aurait été possible de réanimer.
Enfin, les parlementaires devraient débattre sur l'opportunité d'élargir le cercle des donneurs vivants à l'ensemble de la famille, voire à des proches sans lien génétique avec le receveur.

20 mars 2009

Le Vatican précise les propos du pape sur le sida

Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège a critiqué une forme d’« idéologie de la confiance absolue dans le préservatif » qui dispenserait de s’attaquer aux causes plus profondes de l’épidémie

Benoît XVI lors de la conférence de presse organisée durant son vol pour Yaoundé, au Cameroun, mardi 17 mars (Photo Giuliani/CPP/Ciric).

Mercredi midi, à Yaoundé, le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, est venu devant les journalistes préciser la position de Benoît XVI sur le sida, exprimée mardi durant son voyage vers l’Afrique : « Le pape s’est exprimé dans l’avion d’une manière très brève, qu’il faut replacer dans son contexte. On ne peut attendre, durant ce voyage, de changement de la position du pape sur les questions de sexualité et du préservatif. Il se situe dans la continuité de son prédécesseur », a-t-il déclaré.

Le P. Lombardi a rappelé que la question posée au pape était celle de l’efficacité de l’action de l’Église contre le sida. Or, l’Église est très présente sur ce front et, a-t-il précisé, « ce mercredi matin, Benoît XVI s’est entretenu avec une soixantaine de jeunes laïcs africains, engagés avec la communauté de Sant’Egidio, dans un programme de lutte contre le sida basé sur l’éducation et les soins ».
"Il est totalement faux de dire que le pape est indifférent"

En réalité, a expliqué le jésuite, Benoît XVI voulait signifier que, « en ne mettant en avant que le préservatif comme moyen de lutter contre l’épidémie, on risquait d’oublier les autres aspects, qui sont essentiels ». L’Église a confiance « dans la responsabilité des Africains, la possibilité de faire un travail d’éducation du comportement, l’affirmation des valeurs du mariage, de la fidélité, et de la famille ». Pour le pape, a poursuivi le P. Lombardi, l’essentiel passe par cette éducation. Le porte-parole a critiqué cette forme d’« idéologie de la confiance absolue dans le préservatif », qui dispenserait de s’attaquer aux causes plus profondes : « L’Église, elle, met l’accent sur la responsabilité et le comportement des personnes. »

Le P. Lombardi a ajouté que ce qui est ressorti mercredi de l’échange du pape avec les membres de Sant’Egidio en Afrique, c’est qu’« il est aujourd’hui possible de soigner le sida », que les Africains sont, « contrairement à ce que l’on dit en Europe, tout à fait capables d’assurer une bonne pratique sanitaire garantissant le succès des soins », mais que « le problème numéro un restait le coût de ces soins ».

C’est pourquoi le pape a dit, dès son discours d’arrivée, qu’il fallait parvenir à diminuer ce coût pour le continent, et parvenir à la gratuité des médicaments. Mais, a conclu le P. Lombardi, « il est totalement faux de dire que le pape est indifférent à la souffrance des malades du sida. Au contraire, il a lui-même souligné toute la tradition de l’Église, depuis des années, dans la lutte contre le sida . » Simplement, « si on ne donne comme unique réponse que la distribution du préservatif, on ne fait que diminuer le sens des responsabilités des personnes ».
Isabelle DE GAULMYN, à Yaoundé

Lu sur La Croix

18 mars 2009

Vatican: retour sur le cas de la jeune brésilienne/excommunication de la mère


La Croix.com affirme dans un article que : Le Vatican se place "du côté de la fillette brésilienne"
Dans une tribune publiée dimanche 15 mars par "L'Osservatore romano", le quotidien du Vatican, le président de l'Académie pontificale pour la Vie critique la décision d'excommunier l'entourage de la fillette qui a avorté au Brésil, et l'assure de la proximité et de la miséricorde de l'Eglise.
Depuis dix jours, l'affaire fait grand bruit dans les médias et dans l'Eglise. Nombreux sont ceux, évêques et fidèles, à s'être scandalisés de l'excommunication confirmée publiquement par Mgr Sobrinho, l'archevêque de Recife, au Brésil, à l'encontre d'une mère de famille qui a choisi l'avortement pour sa fille de 9 ans, enceinte de jumeaux à la suite d'un viol. 


Dans une tribune intitulée "Du côté de la fillette brésilienne" et publiée dimanche 15 mars par l'Osservatore romano, le quotidien du Vatican, le président de l'Académie pontificale pour la Vie a désavoué le jugement porté par son confrère, "qui tombe comme un couperet", là où l'unique attitude attendue était "un témoignage de proximité avec ceux qui souffrent". 

La fillette - qu'il a choisi d'appeler "Carmen" - "devait d’abord être défendue, entourée et caressée avec douceur pour lui faire sentir que nous étions tous avec elle ; tous, sans aucune distinction", écrit Mgr Rino Fisichella. "Avant de penser à l'excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, hommes d'Église, devrions être experts et maîtres".  
"Cela n'a malheureusement pas été le cas, et la crédibilité de notre enseignement s'en ressent, qui apparaît aux yeux de beaucoup comme insensible, incompréhensible et sans aucune miséricorde", déplore le président du conseil chargé de promouvoir la doctrine de l'Eglise catholique sur les questions de bioéthique.

Débatteur apprécié des médias et connu pour ses prises de position fermes en faveur de la famille, Mgr Fisichella reconnaît que la petite Brésilienne "portait en elle d'autres vies innocentes (...) qui ont été supprimées" et souligne que l'Eglise continue comme elle l'a toujours fait de condamner l'avortement au nom du caractère sacré de la vie. Mais il  rappelle aussi que la vie de "Carmen" "était sérieusement mise en danger par sa grossesse en cours", et qu'il s'agit d'un "cas moral des plus délicats". "Le plus grand besoin en cet instant", c'est, insiste-t-il, "un acte de miséricorde qui, tout en maintenant fermement le principe, est capable de regarder au delà de la sphère juridique".
S’adressant directement à la petite fille, Mgr Fisichella conclut : "Carmen, nous sommes avec toi. Nous partageons avec toi la souffrance que tu as éprouvée, nous voudrions tout faire pour te rendre la dignité dont tu as été privée et l'amour dont tu auras encore plus besoin. Ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, pas ceux qui t'ont permis de vivre et t'aideront à retrouver l'espoir et la confiance". 

La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a désavoué, elle aussi, vendredi 13 mars l'archevêque de Recife, estimant que la mère avait agi "sous la pression des médecins" qui lui disaient que sa fille allait mourir si sa grossesse n'était pas interrompue.

Plusieurs évêques français ont également exprimé publiquement leur incompréhension après cette excommunication, estimant que le principe du "respect de la vie" auquel l'Eglise est attaché ne justifiait pas "la sévérité" d'une décision "abrupte" et privée de "compassion".

Le transfert d'embryon post-mortem

Dans son ABC de la bioéthique, le journal La Croix se penche aujourd'hui sur la question du transfert d'embryons post-mortem. Cette question date de l'affaire Pirès, en 1990. Une jeune femme, Maria Pirès, qui avait déjà subi sans succès six tentatives de fécondation in vitro (FIV) perd son mari etdemande alors que lui soit transféré l'un des deux embryons congelés restant. Après le refus des médecins et du comité d'éthique local, la justice s'empare de l'affaire.Finalement, en 1996, la Cour de cassation affirme que le "père" des embryons étant décédé, ceux-ci ne peuvent pas être restitués à sa veuve.

Rappelons qu'aujourd'hui, la loi de 1994 réserve l'assistance médicale à la procréation (AMP) aux parents vivants et en âge de procréer. Plusieurs ministres ont essayé de revenir sur cette disposition mais, en 2004, le texte maintient la condition d'accès à l'AMP : être un couple formé de deux membres "vivants".

Dans le rapport de l'Office parlementaire de l'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), les députés Alain Claeys (PS) et Jean-Sébastien Vialatte (UMP) se prononcent pour l'autorisation du transfert d'embryons post-mortem "aux condition suivantes" : "consentement écrit" du conjoint à ce transfert recueilli par un magistrat, délai"non reconductible" de trois à six mois après le décès, "suivi  psychologique de la mère". Quant à Jean-François Mattéi, ancien ministre de la santé, il y reste opposé, estimant"que l'on ne peut se passer de repères, et notamment ceux du temps et de la mort".

Pour Jean-Claude Mazzone, neuropsychiatre au Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) de Toulouse, cette demande de transfert ne représente pas un projet réel d'enfant après le décès, mais plutôt une tentative d'échapper au deuil.

Ces demandes sont rares mais elles posent d'abord la question de la "propriété" des embryons congelés. Elles posent aussi la question de savoir  si la société peut faire naître délibérément des "orphelins de père". Enfin, il convient de s'interroger : si seul était autorisé le transfert post-mortem d'embryon congelé et pas l'insémination de sperme préalablement congé, les couples n'opteraient-ils pas plus fréquemment pour la congélation d'embryons ? Le législateur serait alors en contradiction avec sa volonté de limiter le nombre d'embryons dits "surnuméraires".

Lu sur Gènéthique.fr

12 mars 2009

L'avortement en France

Selon l’Insee, 209 699 avortements ont été pratiqués en France en 2006 (pour environ 800 000 naissances), dont 13 230 sur des mineures (6,3 %). Par ailleurs, 33 % des jeunes femmes de 15 à 24 ans disent avoir déjà eu recours à la pilule du lendemain.

Ce que dit l’Église

Le Catéchisme de l’Église catholique : « La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L’Église sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce délit contre la vie humaine. “Qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunication latæ sententiæ” (canon 1398) (…). L’Église n’entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l’innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société. » (n° 2271-2272).

Evangelium vitae (Jean-Paul II) : « Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l’avortement. L’Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n’est pas encore refermée. En réalité, ce qui s’est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l’espérance. (…) : le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. » (n° 99).

Catéchisme des évêques de France : « Le scandale de l’avortement exige de chacun les plus grands efforts pour changer les causes sociales et culturelles qui le provoquent. C’est un grave devoir d’aider les femmes en difficulté et de soutenir ceux qui donnent aux familles les moyens d’assumer leurs responsabilités devant une vie humaine commencée. C’est aussi un grave devoir d’accueillir avec charité les femmes qui ont connu l’avortement, afin de leur manifester la miséricorde de Dieu et de leur permettre un nouveau départ. » (n° 579)
Lu dans La Croix.com

Des catholiques à l'écoute face à l'avortement


Alors que l’excommunication au Brésil de la mère d’une fillette de 9 ans, violée et ayant avorté, suscite de vives réactions, des prêtres et laïcs catholiques expliquent comment ils recherchent la meilleure façon d’agir.

Quelle conduite tenir ? Quelle parole délivrer ?

Dans leur vie professionnelle, leur activité pastorale ou associative, de nombreux catholiques sont confrontés quotidiennement à l’avortement. Et à ces questions délicates : quelle conduite tenir face à des femmes qui demandent éventuellement conseil ou soutien ? quelle parole délivrer ? comment articuler enseignement magistériel et écoute de la souffrance ? 

L’exercice est toujours difficile, les situations toujours différentes. Ancien prêtre en paroisse et animateur en pastorale de la santé, le P. Louis Rubin se souvient : « Comme tout prêtre, j’ai reçu des femmes à ce sujet : quelquefois, mais très rarement, elles sont venues avant de prendre leur décision, plus souvent après. » 

Aux premières, il s’est bien gardé de dire quelle décision prendre, il essayait plutôt de les aider à « poser un acte en vérité », leur rappelant pourquoi l’Église « ne peut accepter ce geste », mais aussi que, quelle que soit leur décision, « une porte est ouverte, et qu’elles resteront toujours aimées par le Père ». 

Quant à celles qui sont venues déposer plus tard une blessure qu’elles ont parfois longtemps tue, ce prêtre, aujourd’hui à la retraite, n’a cessé de leur dire « qu’elles ont encore un avenir de partage, de don », et « qu’elles ont leur place dans cette Église de pécheurs ». 

"A temps et à contretemps, le respect de la vie humaine"

« Je crois que l’Église catholique assume sa responsabilité sociale en insistant, à temps et contretemps, sur le respect de la vie humaine », affirme également Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers, dans un texte diffusé ces jours-ci à tous les animateurs pastoraux de son diocèse. 

« Après, il s’agit d’accompagner des personnes dans des situations où je ne voudrais pas être, et où chacun essaie de faire au mieux de ce qu’il ou elle peut. (…) J’attends des hommes d’Église, mes frères, qu’ils n’utilisent pas son nom pour condamner des personnes ou les enfermer dans la culpabilité. » 

L’excommunication prévue par le droit canonique ? Pour sa part, le P. Louis Rubin n’en a jamais parlé. « Je crois que j’aurais exclu encore une autre vie alors qu’une avait déjà été tuée, résume-t-il sobrement. Je pense qu’il faut toujours être ferme sur la position de l’Église, ne pas marchander. Mais je n’ai jamais eu le sentiment que manier cette arme aurait amené à une réflexion plus saine. »

Agapa, « un visage de la tendresse de Dieu »

En plus des prêtres, aumôniers ou aumônières, généralement sollicités pour donner une parole d’Église, des catholiques proposent une aide, un accompagnement, souvent animés par leur foi, mais pas toujours explicitement chrétiens. C’est par exemple le projet d’Agapa, une association fondée en 1994 à Paris par le service diocésain de la pastorale familiale pour écouter les femmes (et les hommes) ayant vécu une interruption de grossesse. 

Ses bénévoles ont bâti un parcours prévu pour se dérouler sur une quinzaine de rencontres hebdomadaires. « Les gens qui viennent nous voir savent que nous sommes un lieu d’écoute d’inspiration chrétienne : nous ne le cachons jamais, explique l’une de ses responsables, Guillemette Porta. Mais n’importe qui peut être accompagné, quelle que soit sa foi ou sa non-foi. Notre objectif est d’aider les personnes à se remettre debout, à retrouver la paix et la vérité en elles, en respectant ce qu’elles sont. » 

Agapa, « un visage de la tendresse de Dieu », donc – un Dieu « compatissant, qui ne juge pas mais permet toujours à l’homme de se relever » –, mais qui se dispense de « pancartes »… 

"Un impact limité, mais nous laissons une chance à la vie"

Délégué général de l’Alliance pour les droits de la vie, Tugdual Derville insiste lui aussi sur l’ouverture de son association à « toutes les femmes » et sur son choix de les aider « à se libérer, avec leurs mots à elles, sans intrusion, de toutes leurs pressions et leurs angoisses ». Par téléphone, par courriel ou en face-à-face, les bénévoles de l’ADV dialoguent avec des femmes qui s’interrogent encore sur la conduite à tenir – pour faire en sorte que « leur désir profond soit écouté » – ou ayant déjà avorté, les aidant à « revisiter leur histoire », à ne pas « se laisser écraser » par elle. « Nous sommes très conscients que notre intervention a un impact limité, mais nous laissons une chance à la vie », résume son délégué général.

Aujourd’hui engagée dans l’aumônerie et le dialogue œcuménique au sein du diocèse d’Évry, Marie-Odile Vouilloux, en est tout aussi convaincue : c’est « en écoutant les femmes qu’on fera reculer l’avortement, et non pas en leur assénant un discours ». 

De 1972 à 1984, cette ancienne conseillère familiale a fait le choix de travailler dans des centres de planification et d’éducation familiale dépendant de PMI (Protection maternelle et infantile), d’hôpitaux ou de dispensaires. Pendant ces douze années, elle s’est attachée avant tout à aider ces femmes à comprendre « ce qui s’était passé », leur « ambivalence » entre désir et refus d’enfant…

"Eduquer à la liberté"

Entre les militants convaincus qu’elle a côtoyés et pour « qui il suffit de dire que la vie commence à quelques mois, voire à la naissance », et ceux qui « culpabilisent » les femmes, elle a tenté une voie médiane, aidant celles qu’elle recevait à évoquer la question de la mort, pour « mieux prendre leurs responsabilités ». Selon elle, face à ces situations toujours complexes, « il faut être humble ». « Notre responsabilité de chrétiens, c’est d’éduquer à la liberté. »

L’humilité de l’Église, l’expression revient souvent… Au cours de sa carrière de gynécologue obstétricien au CHU d’Angers, Roger Le Lirzin était celui vers lequel « on dirigeait toutes les misères du monde » : femmes violées et frappées, jeunes filles enceintes des suites d’un inceste… 

Tiraillé entre « ce que dit l’Église » et ces souffrances qu’il côtoyait chaque jour, il a payé de sa personne, « par sa santé », son engagement. Aujourd’hui encore, il « bouillonne » à l’évocation de ces souvenirs. « L’Église a quelque chose à dire sur ces sujets : elle doit porter une parole que je qualifierais de “prophétique”. Elle doit redire aux personnes : “Vous touchez à la dignité de l’homme.” Mais surtout, qu’on ne me jette pas la pierre. Si j’ai accepté de pratiquer des IVG, c’était dans des situations humainement sans issue. »
Anne-Bénédicte HOFFNER pour La Croix.fr


27 févr. 2009

Peut-on être pro-avortement et communier?


La messe célébrée ce Mercredi des Cendres à 19h30 en l’église Saint Germain l’Auxerrois selon la forme extraordinaire du rite romain (missel de Saint PieV) comptait dans l’assistance, un paroissien pas comme les autres: Valéry Giscard d’Estaing, qu’accompagnait son épouse Anne-Aymone. Si l’on ne peut que se réjouir de voir l’ancien chef d’Etat assister à la célébration de l’Eucharistie, on peut cependant se demander si le prêtre avait le droit de lui donner la Sainte Communion.

En effet selon une note du cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, “un homme catholique favorable à l’avortement légal doit se voir rappeler l’enseignement de l’Eglise par un pasteur et, en cas de persistance dans sa position, refuser l’accès à la communion eucharistique” (La Croix du 12 octobre 2004).

Selon le code de droit canon, ceux qui se rendent coupables de fautes extrêmement graves à l’égard de la doctrine sont déclarés excommuniés automatiquement, latae sententiae, sans qu’il soit besoin d’une décision express de l’autorité compétente, car ils sont supposés savoir que leur comportement est délictueux.

C'est notamment le cas pour l'avortement.Or, la levée de ces excommunications sont traités directement par le Saint-Siège, par le pape ou par la Congrégation pour la doctrine de la foi, parfois par l’évêque titulaire. Le préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, Mgr Raymond L. Burke disait récemment :

"Nous devons éviter de donner aux gens l’impression qu’on peut être en état de péché mortel et recevoir l’Eucharistie [...] parce que cela peut provoquer une autre sorte de scandale qui consiste à amener les gens à penser que l’acte public que cette personne accomplit, et que jusqu’à présent tout le monde considérait comme un péché grave, n’est en fait pas si grave que ça puisque l’Église lui permet de recevoir la Communion (…) Si une personnalité publique, connue pour soutenir ouvertement et délibérément le droit à l’avortement, reçoit l’Eucharistie, que va penser une personne ordinaire ?

A notre connaissance, VGE n’a jamais publiquement regretté la loi Veil. Au contraire, il a plusieurs fois affirmé qu’il était en désaccord avec le Pape Jean-Paul II sur ce point. Comme s’il était possible pour un catholique d’être favorable à l’avortement ou l’artisan d’une loi qui en a dramatiquement augmenté le nombre !

lu sur e-deo

24 févr. 2009

Vers un eugénisme sans douleur?


Docteur en philosophie et chercheur associée à l'Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (CNRS, Inserm, EHESS), Danielle Moyse publie, dans La Croix, une tribune sur l'eugénisme prénatal. L'auteur se demande si "la concrétisation des derniers "progrès" du dépistage prénatal de la trisomie 21" va "nous faire assister à l'éradication des derniers scrupules concernant l'élimination d'environ 90% des fœtus qui en sont déclarés porteurs".

Rappelons qu'en octobre dernier, des chercheurs de l'université de Stanford ont annoncé avoir mis au point un nouveau test précoce de dépistage de la trisomie 21 à partir d'une simple prise de sang : il se fonde sur l'analyse de l'ADN du fœtus circulant dans le sang de la mère. L'"avantage" de cette technique est d'éviter l'amniocentèse, qui entraîne une fausse-couche dans 1% des cas, y compris pour les fœtus "normaux", et c'est ce qui émeut... "En ce qui concerne les fœtus porteurs de trisomie, toute inquiétude de ce genre a en effet déjà été étouffée", souligne Danielle Moyse, "si l'on réalise une amniocentèse dans le but de détecter cette anomalie, qui ouvre "droit" à une "interruption médicale de grossesse", il va de soi que, au cas où une fausse couche se produirait qui expulserait un fœtus "mongolien", comme on dit encore, une telle réaction de l'organisme maternel ne ferait qu'anticiper le geste fœticide qui se serait très probablement produit !".

En résumé, comprenez que ce nouveau

test permettra de "
sauver des fœtus "normaux"" ; "pour "les autres", la légitimité de leur élimination est une affaire admise par la politique de dépistage généralisée". Il serait en effet illogique de dépister de façon massive la trisomie 21 sans que cela ne conduise à l'élimination anténatale des fœtus concernés, "en un contexte où aucune recherche publique n'est menée pour tenter de soigner cette anomalie".

Danielle Moyse dénonce ensuite ce "progrès" du dépistage prénatal dans la mesure où, réalisé dans les premières semaines de grossesse, il permettrait la suppression du fœtus atteint de trisomie 21 "à un stade si précoce que cela épargnerait à la mère la violence d'un avortement, réalisé jusque là à un moment de la gestation où elle a, comme on dit, "investi" le futur enfant de telle manière qu'il lui faut en faire le deuil dans les larmes et la douleur".

"Par l'invention de tests réalisés en tout début de grossesse, ne serions-nous pas (ne sommes-nous pas, déjà ?) à la veille d'une sélection qui, par son caractère presque indolore, ferait taire les dernières inquiétudes à son sujet ?", remarque l'auteur qui se demande pourquoi une telle pratique ne s'étendrait pas à d'autres maladies. Comment donc "éviter la sournoise mise en place d'une gestion de plus en plus normative des naissances" ? "Le droit de sélectionner, brandi au nom de la liberté, ne sera-t-il pas alors l'aliénation suprême (...) ?"

Lu sur Gènéthique.fr

11 déc. 2008

Benoît XVI accuse

Le pape Benoît XVI accuse les pays riches d'exercer un "chantage" sur les pays pauvres en conditionnant leur aide économique à l'adoption de politiques "contraires à la vie", dans son "message pour la paix" annuel publié jeudi.
Dans ce document destiné à la réflexion dans la perspective du 1er janvier célébré dans l'Eglise catholique comme la "journée mondiale de la paix", le pape invite à affronter la mondialisation par une plus grande solidarité entre riches et pauvres.
Il dénonce avec vigueur les explications de la pauvreté par des causes démographiques et s'en prend aux "campagnes de réduction des naissances, conduites au niveau international" ne respectant pas "la dignité de la femme" et "le droit des époux".
Il condamne aussi la pratique répandue de l'avortement qu'il considère comme "l'élimination de millions d'enfants non-nés au nom de la lutte contre la pauvreté" constituant "en réalité la disparition des plus pauvres parmi les êtres humains".
Le pape déplore aussi que les pays victimes de pandémies comme le sida "doivent subir pour y faire face le chantage de ceux qui conditionnent les aides économiques à la mise en oeuvre de politiques contraires à la vie".
Selon le chef de l'Eglise catholique, "la population est une richesse et non un facteur de pauvreté".
La lutte pour une mondialisation harmonieuse doit plutôt passer par "une plus forte solidarité globale entre pays riches et pays pauvres, de même qu'au sein de chaque pays", estime-t-il.

20 sept. 2008

Mission "fin de vie" au Royaume-Uni

"Le Royaume-Uni s'est fixé trois objectifs : développer l'accompagnement en fin de vie à domicile (préféré à l'accompagnement en hôpital par les anglais), mieux respecter les croyances personnelles et garantir dans tout le pays l'accès à un accompagnement de qualité. Sue Thomas du Royal College of Nursing qui conseille le gouvernement en matière de bonnes pratiques des infirmières, affirme par ailleurs que les soins palliatifs font reculer les demandes d'euthanasie."
Plus d'info sur Généthique et la Croix

14 juin 2008

La Floride contre les cellules souches embryonnaires

Le 13 juin 2008 à Orlando (Floride - USA), l'Eglise catholique par le biais de la conférence des évêques américains, s'est opposée à l'usage des cellules souches embryonnaires pour la recherche.
+ d'infos sur La Croix

Nicolas Sarkozy développe les Soins Palliatifs !

Hier à Bourges, Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de développement des soins palliatifs, dont le montant s'élève à 230 millions d'euros. Il prévoit de doubler les effectifs de patients pris en charge,en 4 ans, passant de 100 000 à 200 000, afin que "les gens puissent mourir dignement", telles sont les paroles de notre président au cours d'une table ronde avec des associations et professionnels à l'hôpital de Bourges.
Les projets sont :
- d'ajouter 1 200 lits supplémentaires dans les unités de soins palliatifs (USP),
- de développer les structures d'accueil extra-hospitalières,
- de créer 75 nouvelles équipes mobiles, en plus des 337 déja existantes,
- de développer la culture des soins palliatifs, comprenant formation et information auprès du personnel soignant et des accompagnants,
- d'accompagner les familles,
- de mobiliser la recherche.
Concernant l'euthanasie, le président a confié au député Jean Leonetti une mission d'évaluation de la loi sur la fin de vie.

6 juin 2008

L'ADMD auditionnée par la Mission Leonetti

La Mission Leonetti, mise en place suite à l'affaire Sébire, a auditionné ce mercredi (4 juin 2008) Jean-Luc Romero (photo à gauche), président de l'ADMD. Selon ce dernier, la loi Leonetti a de nombreuses failles, dont la sédation terminale, l'absence de fichier national des directives anticipées (les dernières volontés du patient) et d'un observatoire des fins de vie. Il estime que, si l'euthanasie était légalisée, entre 2 500 et 10 000 personnes y recourraient chaque année en France. L'ADMD veut légaliser l'euthanasie dans le but de "mettre le patient [atteind d'une maladie grave et incurable] au centre du dispositif" et de prévoir une "clause de conscience"
Questions de Jean Leonetti (photo à droite) :
- comment être sûr que la volonté de la personne est libre de toute pression?
- qu'elle ne va pas fluctuer dans le temps ?
- comment poser concrètement les limites d'un droit à l'euthanasie ?
+ d'infos sur Gène Ethique, La Croix

5 juin 2008

Nicolas Sarkozy et les soins palliatifs

D'après l'hedomadaire La Vie, Nicolas Sarkozy devrait dévoiler le 13 juin prochain, le plan gouvernemental pour le développement des soins palliatifs. Ce plan dont le coût est estimé à 215 millions d'euros et qui devrait être financé par les franchises médicales, a pour objectif de "doubler en quatre ans la capacité de l'offre des soins palliatifs, renforcer la formation des médecins et l'information du public".

27 mai 2008

Grande-Bretagne : échec de réduction du délai d'avortement

"Mardi soir, les députés ont rejeté à 304 votes contre 233 une série de propositions visant à raccourcir le délai légal pour l'avortement, à présent de 24 semaines, à 22, 20 ou 16 semaines du député Nadine Dorries (photo ci-contre). Il s'agissait du premier débat sur l'avortement depuis 18 ans dans ce pays. La limite avait déjà été réduite en 1990 de 28 à 24 semaines. "

5 mai 2008

"L'info-éthique" ou les raisons de la médiation

Amis bloggeurs, soyez assuré que notre combat n'est pas sans soutien ! Lors de la 42ème Journée Mondiale des Communications Sociales, le Pape Benoît XVI a rappelé qu'il est important d'utiliser les moyens de communication qui nous sont proposés pour informer sur les thèmes d'éthiques, et de les utiliser à bon escient. Pour lui, le monde a besoin d’une «info-éthique».
Rome - vendredi 2 mai 2008 :
"Si les médias sont un défi, c'est avant tout pour l'intelligence humaine. Et l'Église n'a peur ni de l'intelligence, ni de la raison. Et si dans le document conciliaire Gaudium et spes l'Église affirme avec joie que ‘celui qui suit le Christ, l'homme parfait devient davantage homme', on peut affirmer avec autant de vérité que celui qui aide l'homme à se connaître lui-même et à chercher la vérité, arrive au Christ."

1 mai 2008

Intoxication : nouvelle campagne sur la contraception

Gène éthique :
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a présenté hier une nouvelle campagne d'information sur la contraception. Elle sera diffusée à partir du 4 mai sur le thème : "Vous ne pouvez pas parler de contraception autour de vous ? Parlez-en avec nous".
Des SMS seront aussi envoyés sur les téléphones mobiles de 300 000 jeunes. Le guide "Questions d'ados" sur la contraception, l'avortement et le sida, sera largement diffusé, ainsi que la brochure "choisir sa contraception", visant les couples de 20 à 30 ans.

16 avr. 2008

Benoît XVI à Washington

Notre Très Saint Père le Pape Benoît XVI est actuellement à Washington. Arrivé mardi, il a été accueilli par le Président Georges Bush. Ce voyage est très important, notamment car cette année, l'ONU célèbre le 60e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Le discours de Benoît XVI est donc "centré sur ce thème et surtout sur l'unité et l'indivisibilité des droits humains fondamentaux", a indiqué le secrétaire d'Etat du Vatican, Tarcisio Bertone.
Défendre les droits des plus faibles n'est-il pas le combat de chacun ?
Benoît XVI est déterminé et montre sa confiance en la Nation américaine :
"Alors que la nation fait face à des questions politiques et éthiques de plus en plus complexes, je suis sûr que le peuple américain trouvera dans ses croyances religieuses une source précieuse de discernement et une inspiration à poursuivre un dialogue raisonné, responsable et respectueux pour construire une société plus humaine et plus libre."
Extrait du Discours de Benoît XVI à la Maison Blanche, le 16 avril 2008